Etienne Lavigne
SAISON BLANCHE
Au commencement il y a l’obscurité, mais une obscurité sensible grâce au premier travail des papiers : papiers recyclés et modelés, papiers froissés, tordus, collés…
Par ce travail la surface obscure acquiert un rythme, une texture, simples rides à la surface ou forts reliefs qui appellent déjà la lumière par le simple jeu des ombres portées par les « accidents » de surface.
Les minéraux blancs (récoltés dans les Corbières ou au Maroc), mis en œuvre en détrempe se déposent dans les plis du papier noir.
Dépourvus de couleur (ou plus exactement très légèrement teintés selon leur provenance), ils inaugurent un jeu fait de transparences et opacités, de contrastes, de révélation des textures dans l’émotion de la lumière naissante.
Ces moyens sont simples, mais amènent à des images dotées d’une grande intensité visuelle et d’un fort pouvoir évocateur : gestes puissants d’ombre et de lumière, éternel duel du clair-obscur, porteurs d’autres dualités, sous une forme abstraite.
L’expression en noir et blanc traverse les époques les modes d’expression artistique : représentations animales au charbon dans l’art pariétal, gravure et dessin, photographie, jusqu’aux artistes contemporains.






